Rédiger une politique d’usage de l’IA en une page
Une politique d’usage de l’IA tient sur une page. Elle liste les outils autorisés et les données à ne jamais saisir. Elle fixe aussi les règles de vérification, les cas où signaler l’usage de l’IA et la personne à contacter. La CNIL recommande d’encadrer l’IA générative par une charte interne. C’est aussi une trace utile pour l’article 4 de l’AI Act.
Pourquoi une page suffit
Une politique d’usage de l’IA dit à chacun ce qui est permis, ce qui est interdit et à qui poser ses questions. La CNIL recommande d’encadrer l’utilisation de l’IA générative par des politiques ou chartes internes. Elle conseille d’y définir clairement les usages autorisés et interdits. Une page courte est lue. Un long document l’est rarement.
Ce document sert aussi de trace pour l’article 4 de l’AI Act, qui demande de favoriser la maîtrise de l’IA de votre personnel.
Les six rubriques à prévoir
- Les outils autorisés, avec l’offre utilisée, gratuite ou professionnelle.
- Les données interdites : données personnelles de clients ou de salariés, informations confidentielles, secret des affaires.
- La vérification : un assistant IA peut produire des réponses fausses mais crédibles. Tout contenu est relu avant usage.
- La transparence : quand signaler qu’un contenu ou un échange vient d’une IA.
- La prudence : un document ou une page web peut contenir des instructions cachées qui détournent l’assistant.
- Le contact et la mise à jour : une personne référente et une date de révision.
Le modèle à copier
Remplacez les éléments entre crochets. Supprimez ce qui ne vous concerne pas.
# Politique d’usage de l’IA de [Nom de l’entreprise]
Version du [date]. Référent : [prénom nom, e-mail]
## 1. Outils autorisés
- [Outil 1], offre [professionnelle ou gratuite], pour [tâches]
- [Outil 2], offre [...], pour [tâches]
Tout autre outil est validé par [référent] avant usage.
## 2. Données à ne jamais saisir
- Données personnelles de clients, salariés ou candidats,
sauf dans [outil] couvert par un accord de traitement
- Informations confidentielles : prix, contrats, [autres]
- Mots de passe et codes d’accès
## 3. Vérifier avant d’utiliser
- L’IA peut se tromper avec assurance : je relis tout.
- Je vérifie les chiffres, les noms, les dates et les sources.
- Je reste responsable de ce que j’envoie ou publie.
## 4. Être transparent
- Un chatbot client indique qu’il s’agit d’une IA.
- Une image, une voix ou une vidéo réaliste générée par IA est signalée.
## 5. Rester prudent
- Un document ou une page web peut cacher des instructions
qui détournent l’IA : je contrôle ce qu’elle produit.
- L’IA n’envoie, ne paie et ne supprime rien sans ma validation.
## 6. Se former et poser ses questions
- Formation de base : [parcours aidock ou autre], avant le [date]
- Questions et incidents : [référent]
- Prochaine révision : [date]
Les erreurs à éviter
- Copier la charte d’un grand groupe. Elle sera trop longue et parlera d’outils que vous n’utilisez pas. Partez de vos usages réels.
- Tout interdire. Sans outil autorisé, les salariés risquent d’utiliser leurs comptes personnels, sans aucune garantie. Proposez au moins une solution encadrée.
- Oublier les personnes extérieures. L’article 4 de l’AI Act vise aussi les personnes qui utilisent l’IA pour votre compte, comme un prestataire ou un intérimaire. Transmettez-leur la politique.
- Écrire en jargon. Une règle doit se comprendre en une lecture. Préférez « je ne colle pas de CV dans l’outil » à une formule juridique.
Comment la mettre en place
- Présentez-la en réunion, avec deux ou trois exemples tirés de votre activité : un devis, une relance client, une fiche produit.
- Envoyez-la à toute l’équipe et notez la date de diffusion. C’est une trace utile.
- Révisez-la dès qu’un nouvel outil arrive.
- Complétez-la par une formation commune, par exemple avec le parcours Apprendre.
Pour choisir les outils à inscrire dans la liste, appuyez-vous sur l’Index. Pour vérifier le reste de votre démarche, passez par l’auto-diagnostic.
S’entraîner avec une leçon
Une situation de travail, un exercice avec un vrai modèle d’IA, environ 5 minutes.
Questions fréquentes
Une politique d’usage de l’IA est-elle obligatoire ?
Aucun texte n’impose ce document précis. Mais la CNIL recommande d’encadrer l’usage de l’IA générative par une charte interne, et l’article 4 de l’AI Act demande de prendre des mesures. Une page écrite et diffusée est une mesure simple et traçable.
Faut-il la faire signer par les salariés ?
L’AI Act ne l’exige pas. Gardez au minimum une trace de sa diffusion : date et destinataires. Si vous voulez lui donner une portée disciplinaire, demandez conseil à un juriste en droit social.
Que faire si un salarié utilise un outil non autorisé ?
Commencez par comprendre son besoin : un outil non autorisé révèle souvent un manque. Évaluez cet outil avec les mêmes critères, puis ajoutez-le à la liste ou proposez une alternative.
Sources consultées
- CNIL : Les questions-réponses de la CNIL sur l’utilisation d’un système d’IA générative(nouvel onglet)
- CNIL : Utiliser l’IA générative dans les TPE et PME (fiches CNIL et CPME)(nouvel onglet)
- Commission européenne : AI Literacy, Questions & Answers (FAQ sur la maîtrise de l’IA)(nouvel onglet)
- AI Act Service Desk (Commission européenne) : article 4, Maîtrise de l’IA (version consolidée)(nouvel onglet)
Ce guide informe, il ne constitue pas un avis juridique. Vérifiez le texte officiel en vigueur pour votre situation.