Outils IA et données en Europe : comment vérifier
« Hébergé en UE » signifie que les serveurs qui stockent les données sont situés dans l’Union européenne. Cela ne dit rien de la nationalité de l’éditeur, ni des accès depuis l’étranger. Pour vérifier, lisez l’accord de traitement, la liste des sous-traitants et la partie sur les transferts. Un transfert hors UE est possible s’il est encadré, par exemple par des clauses contractuelles types.
Trois notions à ne pas confondre
« Hébergé en UE » est une mention fréquente. Elle est utile, mais elle ne répond qu’à une partie de la question.
| Notion | Ce qu’elle dit | Ce qu’elle ne dit pas |
|---|---|---|
| Hébergement | Où se trouvent les serveurs qui stockent les données | Qui peut y accéder depuis l’étranger |
| Nationalité de l’éditeur | À quel droit l’entreprise est soumise | Où les données sont stockées |
| Transferts | Si les données sortent de l’UE, et avec quelles garanties | Si l’outil respecte le reste du RGPD |
Un éditeur européen peut faire appel à un sous-traitant hors UE. Un éditeur non européen peut héberger les données en Europe. Il faut donc vérifier les trois points.
Ce que dit le RGPD sur les transferts
Transférer des données personnelles hors de l’Union européenne est possible. Il faut garantir un niveau de protection suffisant et approprié, avec un outil juridique. Les principaux sont les suivants :
- une décision d’adéquation : la Commission européenne reconnaît qu’un pays protège correctement les données. Pour les États-Unis, une décision du 10 juillet 2023 joue ce rôle, sous certaines conditions ;
- des clauses contractuelles types : des modèles de contrat adoptés par la Commission européenne ;
- des règles d’entreprise contraignantes : des règles internes qui encadrent les transferts au sein d’un groupe.
Pensez aussi aux accès depuis l’étranger, par exemple pour le support technique. Demandez s’ils existent et comment ils sont encadrés.
Le cas d’un éditeur soumis à un droit non européen
La CNIL signale un risque pour les données stockées par une entreprise soumise à un droit extra-européen. Ces données « peuvent être exposées à un risque de devoir communiquer des données aux autorités publiques de ce pays ». La CNIL ajoute que ce risque est le plus souvent considéré comme limité pour des données non sensibles confiées à des prestataires de pays reconnus « adéquats ». Pour des données sensibles ou stratégiques, ce point mérite plus d’attention.
Où regarder dans la documentation d’un éditeur
- La politique de confidentialité : lieux de traitement, durées de conservation, usage des données pour l’entraînement.
- L’accord de traitement (DPA) : il encadre le rôle de sous-traitant et précise les transferts et leurs garanties.
- La liste des sous-traitants ultérieurs : nom, rôle et pays de chaque prestataire.
- La page sécurité ou conformité : choix de la région d’hébergement, mesures de sécurité, contact.
- Les conditions de l’offre : certaines garanties ne valent que pour les offres professionnelles.
Les signaux d’alerte
- Aucune mention du lieu d’hébergement.
- « Hébergé en Europe » sans liste des sous-traitants.
- Pas d’accord de traitement disponible, ou une demande restée sans réponse.
- Des transferts hors UE sans indication des garanties.
- Des conditions différentes entre offre gratuite et offre payante, sans précision.
- Une documentation introuvable, ou contradictoire d’une page à l’autre.
En pratique
Pour chaque outil de l’Index, aidock indique si les données sont hébergées dans l’UE. Il précise aussi l’usage des données pour l’entraînement et l’existence d’un accord de traitement. La date de vérification et les sources sont affichées. Ces informations peuvent changer : relisez la documentation de l’éditeur avant de vous engager. Pour les autres points du RGPD, consultez nos six questions.
S’entraîner avec une leçon
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Questions fréquentes
Un éditeur américain qui héberge les données en Europe pose-t-il problème ?
Pas forcément. Les données restent en Europe, mais l’éditeur reste soumis au droit de son pays. La CNIL considère ce risque souvent limité pour les données non sensibles ; pour des données sensibles, cherchez des garanties renforcées.
Les clauses contractuelles types suffisent-elles ?
Elles sont un outil reconnu pour encadrer un transfert hors UE. Elles ne dispensent pas du reste du RGPD : minimisation, information des personnes, sécurité et durée de conservation.
Où trouver la liste des sous-traitants d’un outil ?
En général dans l’accord de traitement ou sur une page dédiée, parfois intitulée « sub-processors ». Si vous ne la trouvez pas, demandez-la par écrit à l’éditeur.
Sources consultées
- CNIL : Transférer des données hors de l’UE(nouvel onglet)
- CNIL : Cloud, les risques d’une certification européenne permettant l’accès des autorités étrangères(nouvel onglet)
- CNIL : Guide du sous-traitant (RGPD)(nouvel onglet)
- CNIL : RGPD, chapitre IV, article 28 (sous-traitant)(nouvel onglet)
- Entreprendre.Service-Public.fr : Protection des données personnelles (RGPD), obligations de l’entreprise(nouvel onglet)
Ce guide informe, il ne constitue pas un avis juridique. Vérifiez le texte officiel en vigueur pour votre situation.